La journée scientifique du 11 avril 2026, coorganisée par la SFTG Recherche et la SFMG avec le soutien de Sorbonne Université, a réuni à Paris environ 100 participants, en majorité médecins généralistes, mais également chercheurs en biomécanique, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers, médecins du travail et médecins conseil. Cette rencontre pluridisciplinaire était consacrée aux troubles musculosquelettiques (TMS), enjeu majeur de santé publique, et a été labellisée par la Société de Biomécanique.

La session du matin s’est ouverte sur une mise en perspective du modèle bio-psycho-social appliqué aux TMS (C. Bègue), soulignant l’interaction entre facteurs biologiques, psychologiques et organisationnels.
Les TMS ont ensuite été envisagés comme des pathologies chroniques s’inscrivant dans un contexte de polypathologie en soins primaires (P. Clerc, J. Le Breton), mettant en évidence la complexité du raisonnement clinique et des trajectoires des patients.
Deux thématiques encore très peu explorées ont ensuite été présentées (F. Charpentier, C. Villepontoux, A. Tomezzoli) : les TMS chez les personnes âgées, fréquents et sources de limitations fonctionnelles, et les parcours de soins des patients consultant en médecine générale, parcours très centrés sur les soins de ville et déterminés essentiellement par les caractéristiques des TMS.
La coopération pluriprofessionnelle a été évoquée à travers l’articulation entre kinésithérapeutes et équipes médicales dans la prise en charge des TMS sévères (A. Roren), ainsi qu’à travers l’articulation entre médecins généralistes, médecins du travail et médecins conseils dans les dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle (A-H. Chout, C. Hayes, CPAM de Paris).
Les apports de la biomécanique et de l’ergonomie ont ensuite été présentés, depuis l’analyse quantifiée du mouvement jusqu’au développement d’exosquelettes d’assistance (N. Vignais), illustrant les perspectives en matière de quantification objective de l’exposition physique des patients et de développement d’approches thérapeutiques innovantes.
La journée s’est conclue par une table ronde consacrée aux priorités de recherche sur les TMS, à l’interface entre soins primaires, biomécanique et santé au travail.
Les échanges ont mis en avant la nécessité de décloisonner les disciplines et de développer des recherches ancrées dans les pratiques réelles.